Zoom sur les rituels populaires et cérémonies andines dans le Nord-Ouest argentin

Les bergers qui vivent sur les hauts plateaux dans la province de Salta, au nord-ouest des andes argentines, pratiquent des rituels et cérémonie andines en utilisant les aliments et autres denrées, comme les feuilles de coca et l’alcool. En certaines occasions, ils offrent tout cela à la « Pachamama-Santa Tierra » au mois d’août, et aux morts pour le jour des âmes, entre le 1er et le 2 novembre.

La Pachamama, déesse de la Terre et de la Nature

Mais qui est donc la Pachamama?

La Pachamama, ou Terre-Mère, est la déesse féminine de la terre et de la fertilité, une divinité agricole perçue comme la mère qui nourrit, protège et soutient les êtres humains. Dans la tradition inca, elle est la divinité de l’agriculture communautaire, le fondement de toute civilisation et de l’État andin.

C’est la plus populaire des croyances mythologiques de l’environnement inca qui survit encore fortement dans les provinces du nord-ouest de l’Argentine.

Quand se déroulent les cérémonies?

Les principales cérémonies en l’honneur de la ¨Terre Mère¨ se déroulent au début des semailles et des récoltes mais l’hommage principal a lieu pendant tout le mois d’août, surtout le 1er jour du mois.

Dans les provinces du nord de l’Argentine comme Jujuy et Salta, la Pachamama est vénérée lors de cérémonies, au cours desquelles toutes sortes de nourriture, de boissons ainsi que de feuilles de coca sont offertes à la « Terre mère ».

Les villes et villages où la fête acquiert une plus grande pertinence sont Purmamarca, Tumbaya, Valle Grande et dans toutes les localités de la Puna de Jujuy.

Le 1er Août, cérémonie à la Pachamama

Le 1er août, on nourrit la Pachamama pour laquelle on enterre un pot en terre cuite contenant des aliments cuits, ainsi que des feuilles de coca, de l’alcool, du vin, des cigarettes et de la chicha (alcool de maïs), entre autres. Il est également d’usage que les célébrants portent des lacets noirs et blancs – noués autour des chevilles, des poignets et du cou – en laine de lama filée à gauche.

La divinité Pachamama: protectrice et pourvoyeuse

On dit que la Pachamama se trouve dans certains endroits tels que les sources, les pentes ou les apachetas, ces petits monticules de pierres. C’est une divinité avec qui on peut dialoguer, soit en demandant de la nourriture, soit en s’excusant pour une faute commise contre la terre et ce qu’elle fournit.

Divinité protectrice et pourvoyeuse, la Pachamama abrite les hommes, rend la vie possible et favorise la fécondité et la fertilité. En échange de cette aide et de cette protection, le berger de la  Puna Meridionale est obligé d’offrir à la Pacha une partie de ce qu’il reçoit, non seulement aux moments et lieux prédéterminés pour le rituel mais, surtout, dans tous les événements culturellement significatifs, configurant ainsi une sorte de réciprocité.

Une déesse offensée

On considère que la Pachamama a ses propres vices et colères: la Pachamama a souvent faim et si elle n’est pas nourrie avec les offrandes ou si elle est négligemment offensée, elle provoque des maladies d’où l’importance des rituels.

Le Challa, rituel central de la Pachamama

Le challa ou paiement (hommage) est présenté le premier jour du mois d’août, tout au long du mois et, dans de nombreux endroits, également le premier vendredi de chaque mois.

Des cérémonies à la Pachamama sont également organisées lors d’occasions spéciales, comme lors d’un départ en voyage.

L'avis des anthropologues Mario Rabey et Rodolfo Merlino

Selon ces anthropologues argentins qui ont étudié la culture andine des années 1970 aux années 1990, le rituel le plus important est le challaco.

Challaco est une déformation des mots quechua « ch « allay » et « ch « allakuy », qui se réfèrent à l’action de pulvériser avec insistance ; dans la langue commune des paysans du sud des Andes centrales, le mot « challar » est utilisé comme synonyme de « donner à manger et à boire à la terre ».

Le challar, tel qu’il est pratiqué dans la région, implique une série complexe d’étapes rituelles qui commencent dans les maisons familiales la veille au soir, au cours desquelles un repas spécial, le tijtincha, est cuisiné, et déposé dans un point d’eau ou un fossé où se déroule le principal rituel de la Pachamama, avec une série d’offrandes comprenant nourriture, boissons, feuilles de coca et cigarettes.

Christianisme et Pachamama

La religion centrée sur la Pachamama est maintenant pratiquée parallèlement au christianisme, au point que de nombreuses familles sont simultanément chrétiennes et pachamistas.

Par exemple, au Pérou, la Pachamama est identifiée à la Vierge de Candelaria.

Dans le nord-ouest argentin, une région fortement marquée par la religion Catholique, les cérémonies et cultes andins sont pratiqués en parallèle au Christianisme. Ainsi, on peut à la fois prier et intercéder les saints et la vierge du miracle un jour, et le lendemain faire une offrande à la Pachamama.

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  • Ritos y ceremonias andinas en torno a la vida y la muerte en el noroeste argentino  / Rites et cérémonies Andines autour de la vie et de la mort dans le nord-Ouest Argentin de Analia Varga.